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Présentation
du syndicat
La
Fédération SUD apparaît aux PTT dans
une période de crise pour le syndicalisme, crise
d’adhésion et de militantisme mais surtout crise
de la fonction même du mouvement syndical souvent
dénoncé pour sa bureaucratisation, sa
politisation, son institutionnalisation... (le taux de participation
aux dernières élections prud’homales a
mis en évidence un désintéressement
important et inquiétant pour le mouvement syndical). Le
monde syndical a amplifié sa propre crise en
s’enfermant dans une division exacerbée, un
sectarisme d’organisation entachant le fonctionnement
démocratique interne des syndicats. Cette
désunion syndicale a vue l’émergence
d’autres organisations de luttes comme les coordinations dont
les préoccupations sont à la fois des
revendications matérielles, un caractère unitaire
de la lutte, la volonté de contrôler
démocratiquement la conduite du mouvement. Cette renaissance
du mouvement social a fait surgir l’inadaptation des
stratégies syndicales et crée de ce fait un
espace pour le développement d’un autre projet
syndical.
Notre réponse...
Notre
objectif reste la transformation profonde de la
société tel que nous le déclarons dans
notre charte identité. C’est pour cela que notre
ambition n’est pas de nous cantonner dans un seul secteur
professionnel. Afin de réaliser notre objectif:
-
Nous devons avoir une démarche systématique de
recherche d’unité d’action avec toutes
les organisations syndicales.
-
Lutter contre l’éparpillement des syndicats
indépendants.
-
Avoir une démarche de rapprochement et
d’unité d’action au plan
Européen (marché unique oblige!).
la
charte identitaire de SUD - nos objectifs 
1)
La Fédération des Syndicats PTT Solidaires,
Unitaires et Démocratiques a pour fonction prioritaire la
défense des intérêts
matériels et moraux des salariés,
c'est-à-dire de leur dignité.
2)
A cet effet, elle assure
-
par une seule organisation fédérée,
l'unité du personnel de la Poste et des
Télécommunications,
-
au travers de l'activité de ses adhérents et de
ses élus, la défense des agents
sanctionnés ou lésés à
titre individuel ou collectif.
-
l'information du personnel des PTT sur ses droits ainsi que sur la
politique de l'Administration et les conséquences qui en
découlent pour lui,
-
l'élaboration, la mise en débat et la
popularisation des revendications les plus aptes à
solidariser les travailleuses et les travailleurs des PTT autour
d'objectifs de changements réels des conditions de travail
et de vie.
-
la recherche sur le terrain, comme à tous les niveaux, des
bases d'accord et d'unité les plus larges du personnel et
des organisations syndicales permettant la construction de
l'indispensable rapport de forces face à l'Administration.
-
l'impulsion, l'animation et l'extension des mobilisations en
participant et en s'appuyant sur les structures
démocratiques (coordinations, AG décisionnelles,
comités de grève, élections de
délégués ... ) dont les travailleurs
se dotent dans l'action pour contrôler son
déroulement et renforcer son efficacité.
3)
Pour cela SUD se fixe pour objectif une rénovation profonde
du syndicalisme en s'appuyant sur les aspirations des
salariés et leurs expériences récentes
de mobilisations, tout en reprenant à son compte les
principaux acquis du mouvement syndical en France et dans le monde.
Lutte
pour les revendications des travailleur-E-s 
4)
La mode actuelle des cercles de qualité, de la communication
d'entreprise, de la concertation ne saurait le faire oublier:
l'histoire des conflits sociaux n'est pas une longue suite de
malentendus, mais la lutte entre des intérêts
diamétralement opposés, où le rapport
de forces est déterminant.
Même
si pour nous la concertation et la négociation font partie
intégrante de l'action, les luttes sont le principal moteur
du changement, non la capacité de telle ou telle boutique
syndicale à bien négocier, en connaissant
à fond les dossiers, ou encore à s'auto-proclamer
défenseurs exclusifs des travailleurs.
5)
La Fédération SUD ne fait pas de sa propre
existence une fin en soi: elle entend se construire et se
développer comme outil des travailleurs au service des
travailleurs, en oeuvrant pour convaincre, rassembler, unir, et faire
de toutes et tous les acteurs du changement
général, reprenant à son compte les
principaux acquis du mouvement syndical en France et dans le monde.
Lutte pour le
changement social 
6)
Consciente de ne devoir qu'aux circonstances sa naissance fin 1988 dans
les seuls PTT, la Fédération SUD n'entend pas
réduire sa réflexion et son champ d'intervention
à ce seul domaine professionnel, sous peine de tomber dans
un syndicalisme de corporation.
7)
La guerre économique dans laquelle le capitalisme est
engagé exacerbe partout les impératifs de
rentabilité, l'agressivité commerciale et
l'esprit d'entreprise, basant la gestion des services publics en
entreprises performantes sur l'unique critère de
rentabilité économique et financière.
Mais dans le même temps elle exclut toujours davantage de
chômeurs, précarisant l'emploi, multipliant les
attaques contre le pouvoir d'achat et les acquis sociaux des
travailleurs.
De
ce point de vue, la mise en place du marché unique
européen pour 1993 n'est qu'une pièce dans le
nouvel ordre économique mondial que le capitalisme moderne
tente d'imposer au prix d'une misère grandissante des
populations du Tiers Monde et de la destruction de l'environnement.
LUTTE
POUR LE CHANGEMENT SOCIAL.
8)
Au-delà des discriminations de statut, de
nationalité, de race, de couleur ou de sexe entretenues par
le système capitaliste pour diviser, morceler le monde du
travail, la Fédération SUD affirme la
communauté d'intérêts qui nous lie tous
et toutes ensemble en tant que travailleurs : la
nécessité de nous battre contre l'organisation
sociale actuelle du travail (organisation hiérarchique,
parcellaire et souvent aliénante) pour améliorer
nos conditions de travail, de vie et plus largement la
volonté de pouvoir maîtriser nous-mêmes,
collectivement et démocratiquement, l'organisation du
travail, de la vie sociale, le contenu et la répartition des
richesses que nous produisons en fonction de la satisfaction des seuls
besoins sociaux et écologiques des aspirations individuelles
et collectives : ce qui suppose de rompre avec les systèmes
d'exploitation en vigueur dans le monde, à l'Ouest comme
à l'Est.
9)
C'est pourquoi la Fédération SUD se prononce pour
une rupture profonde avec la logique capitaliste.
En
cela elle inscrit son action dans la conception du syndicalisme
défini en 1906 par la CGT dans la Charte d'Amiens qui
assigne un double objectif et une exigence pour le syndicalisme:
défense des revendications immédiates et
quotidiennes des travailleurs(ses) et lutte pour une transformation
d'ensemble de la société, cela en toute
indépendance des partis politiques.
Elle
se reconnaît aussi dans l'apport pour le mouvement syndical
par la CFDT des années 70, du projet de Socialisme
Autogestionnaire comme objectif de transformation sociale.
10)
Projet d'émancipation à terme des
salariés et de l'ensemble de la
société, le socialisme autogestionnaire n'est pas
un projet figé; il doit être enrichi au fur et
à mesure que s'expriment de nouvelles aspirations des
salariés.
C'est
aussi une conception d'ensemble qui détermine notre
démarche syndicale au quotidien.
L'émancipation
des travailleurs sera le fruit de l'action consciente, collectivement
déterminée et mise en oeuvre, et librement
consentie par les travailleurs eux-mêmes.
Indépendants
mais pas Neutre 
11)
Si notre intervention se situe principalement dans le milieu du
travail, elle s'exerce également dans tous les domaines de
la vie sociale de par les conséquences qui en
découlent sur les conditions d'existence des travailleurs.
C'est à partir de cette conception globale de
l'intérêt des salariés que SUD se
réserve notamment le droit de porter tout jugement qu'il
estime nécessaire sur les orientations, les
décisions et les actions des différentes forces
économiques politiques et des gouvernements.
12)
Pour autant, la Fédération SUD, outil des
travailleurs au service des travailleurs, organisation syndicale
pluraliste visant à unifier les salariés pour la
défense de leurs revendications, ne confond pas son
rôle avec celui d'un parti politique. L'expérience
le prouve: pour avoir aliéné leur
indépendance au profit des gouvernements et des partis
politiques, les grandes confédérations syndicales
ont ces dernières années largement
contribué à décourager,
démobiliser et désorienter les travailleurs,
affaiblissant ainsi considérablement leur
capacité de riposte collective.
13)
La Fédération SUD élabore ses
orientations et détermine son action dans la plus totale
indépendance vis-à-vis des organisations
politiques, des gouvernements, de l'Etat, des groupes
économiques et financiers, du patronat et des logiques que
les uns et les autres véhiculent.
Elle
entend en toutes circonstances demeurer auprès des
travailleurs pour la défense intransigeante de leurs
intérêts.
14)
La Fédération SUD se doit d'avoir un mode de
fonctionnement en rapport avec son projet de
société.
Solidaires... 
18)
La nécessité de la solidarité de
l'ensemble des travailleurs quels que soient leur sexe, leur
nationalité, leur couleur, leur race ou leur statut, ne
relève pas du simple humanisme. Elle repose sur le constat
que les travailleurs du monde entier produisent les bases
matérielles de toute société, alors
que partout dans le monde, même si les formes varient, ils se
voient confisquer les fruits de leur travail.
19)
Contre les lois du marché et la mise en concurrence qu'elles
entraînent parmi les travailleurs, à travers
l'information et le soutien actif que nous apportons aux luttes des
peuples du Tiers Monde, des travailleurs à l'Est comme
à l'Ouest, nous nous attachons à mettre en relief
l'identité d'intérêts qui nous relie
tous, et la nécessité de substituer une
organisation sociale solidaire dirigée par les travailleurs
en fonction de la satisfaction des besoins sociaux et
écologiques à l'actuel gâchis
parasitaire qui met en péril l'existence même de
la planète.
20)
La France exerce encore une domination coloniale dans un certain nombre
de territoires (Martinique,
Guadeloupe, Guyane, Réunion, Nouvelle
Calédonie,...). Nous devons soutenir tout
particulièrement le mouvement de ces peuples pour leur
émancipation et combattre toute politique allant
à l'encontre de cette aspiration.
21)
De même en France, le chômage massif, l'extension
du travail précaire, les discriminations contre les femmes,
le développement du racisme et de la xénophobie
sont indissociables de la diminution du pouvoir d'achat, des baisses
d'effectifs que nous vivons dans les services publics.
22)
Notre conception de la solidarité nous amène
à reconnaître l'oppression spécifique
des femmes, non seulement dans la production ( discriminations
à l'embauche, au niveau des
rémunérations.... ) mais dans l'ensemble de la
vie sociale. C'est pourquoi nous sommes partie prenante à
notre niveau des luttes menées contre les causes et les
conséquences de cette oppression spécifique.
23)
C'est pourquoi nous luttons au plan général :
-
contre le chômage, pour la réduction du temps de
travail, pour le partage du travail entre toutes et tous.
-
pour la parité des salaires hommes/femmes, contre les
inégalités salariales, contre la
précarisation des statuts.
-
contre les discriminations envers les femmes, les immigrés,
les jeunes, les handicapés.
-
pour la défense et l'amélioration de la
protection sociale.
-
contre l'esprit d'entreprise, le corporatisme, le chauvinisme.
-
pour une transformation des rapports sociaux.
au
sein des PTT:
-
pour dépasser dans les mobilisations les limites
catégorielles ou de statut, pour les créations
d'emplois, pour l'amélioration des qualifications et des
conditions de travail de toutes et tous, pour la progression du pouvoir
d'achat avec priorité aux bas salaires, pour un statut
unique du personnel des PTT.
Unitaires...

24)
A cette fin, nous nous efforçons de développer
une pratique de débats et d'actions en commun avec les
travailleurs et les syndicats d'autres secteurs professionnels et
d'autres pays, et nous ne nous résignons pas à
rester une organisation non confédérée.
25)
De même, la Fédération SUD n'a pas de
l'unité une conception incantatoire. l'unité,
c'est permettre qu'au-delà des différences
philosophiques, morales, religieuses, politiques ou syndicales,
l'ensemble des travailleurs se retrouvent dans l'action pour
défendre ce qu'ils ont en commun.
26)
C'est pourquoi, dans les mobilisations, SUD soutient sans
disparaître toutes les pratiques d'auto-organisation
permettant de dépasser les divisions syndicales
(assemblées unitaires du personnel, élection de
délégués, comités de
grève, coordinations) .
27)
Pour SUD, l'existence de divergences entre les organisations syndicales
ne doit pas être un obstacle à l'action commune.
SUD a pour ligne de conduite de dégager ce qui fait
consensus et qui permet à toutes et tous d'exprimer leurs
aspirations, leurs revendications et leur volonté d'action
collective. SUD se veut l'instrument de cette volonté
collective.
et démocratique... 
15)
Dans SUD, nous devrons veiller à ce que la
liberté d'expression soit totale. Les décisions
sont prises par les adhérents ou leurs
délégués. Parce qu'il est en lien
direct avec les travailleurs, le syndicat (ou à
défaut le collectif est la structure politique de base de la
Fédération. C'est à lui qu'il
appartient de faire des propositions, d'être à
l'initiative et d'évaluer, en fonction de sa
réalité propre, le bien-fondé de la
reprise ou non des décisions centrales.
16)
Dans ses rapports avec les travailleurs, la
Fédération SUD devra veiller à faire
preuve d'une transparence totale, tant au niveau de son propre
fonctionnement syndical que des éléments touchant
à l'action revendicative (déroulement des
grèves, état de la mobilisation..).Elle
privilégie le débat et le travail de conviction
pour rassembler le personnel. De façon
générale, elle s'attache à permettre
aux agents de se situer en toute clarté sur l'ensemble des
questions les concernant sans qu'ils aient besoin de s'en remettre
à des responsables.
17)
L'information et la formation sont les nerfs du syndicalisme ; par sa
pratique démocratique, SUD entend favoriser une
participation beaucoup plus large à la vie syndicale et un
renforcement des capacités de mobilisation du personnel.
C'est la condition pour développer la volonté de
toutes et tous d'être les acteurs de la transformation.
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